L’Égypte révolutionne l’éducation : « Les Aigles de la République » devient le manuel scolaire officiel de la Seconde
Dans un décret éducatif « ambitieux et visionnaire », selon les autorités, le ministère égyptien de l’Éducation nationale a annoncé ce lundi que la série à succès Les Aigles de la République, grande fresque télévisuelle militaro-patriotique, serait désormais diffusée en continu dans tous les établissements scolaires du pays et utilisée comme ressource pédagogique principale de la classe de Seconde.
Une œuvre « à haute teneur pédagogique »
Officiellement classée « documentaire d’intérêt historique et civique », la série de 12 saisons mettant en scène des commandos musclés au regard humide, des explosions au ralenti et des fondus enchaînés sur des drapeaux, intègrera le programme scolaire dès la rentrée prochaine.
« Il est temps que notre jeunesse apprenne ses fractions en analysant les angles d’impact des missiles tirés par le capitaine Karim », a déclaré le ministre de l’Éducation, visiblement ému, lors d’une conférence de presse où il portait un treillis de cérémonie.
Un enseignement pluridisciplinaire, à base de fusils
À partir de septembre, les élèves devront maîtriser plusieurs compétences transversales grâce à la série. En Histoire, ils devront rédiger des dissertations sur « Les racines millénaires du port du béret tactique dans la tradition égyptienne ». En Mathématiques, les épreuves du BAC incluront des exercices pratiques de « calcul balistique appliqué à l’opération Scorpion d’Alexandrie, épisode 5 saison 3 ».
En cours de français, les dictées seront extraites des dialogues les plus poignants de l’adjudant Nour El Din : « Le sable peut recouvrir nos traces, mais jamais nos valeurs. »
Les enseignants enthousiastes… ou presque
« Au départ, j’étais sceptique », confie Salma Youssef, professeure de philosophie dans le gouvernorat de Louxor. « Mais après avoir analysé les 47 monologues intérieurs du commandant Khaled dans l’épisode 9, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un vrai sous-texte heideggérien. Bon, mes élèves confondent maintenant Platon avec un sniper, mais l’engagement en classe n’a jamais été aussi fort. »
Certains enseignants plus réticents, comme ce professeur d’arts plastiques souhaitant rester anonyme, s’interrogent sur l’injonction de « reproduire à la gouache une explosion de tank avec un réalisme émotionnel fort ». Il a toutefois concédé que « c’est plus passionnant que le cubisme ».
De nouveaux outils pédagogiques en développement
Pour accompagner la réforme, le ministère a d’ores et déjà commandé 3 millions de kits pédagogiques incluant un bandeau noir, un talkie-walkie fictif, une figurine du général Mostafa et un casque audio avec les 179 discours du président récités par un enfant de 7 ans.
Une application mobile, « ÉduAigle », permettra aux élèves de réviser les dates importantes en rejouant les batailles mythiques avec des avatars en 3D (option camouflage incluse). Un mode « Examen Blanc » déclenche un compte à rebours façon scène de déminage.
Les parents, globalement prêts à « faire avec »
Abdel Rahman, père de deux collégiens, tempère : « Franchement, c’est pas pire que les manuels anciens. Au moins maintenant, mes enfants savent calculer une surface d’atterrissage en criant ‘POUR LA PATRIE !’. Et puis, la nouvelle évaluation du contrôle continu basée sur le taux d’adrénaline scolaire, c’est original. »
Des perspectives d’avenir explosives
Face à cette réussite anticipée, d’autres projets sont déjà à l’étude. Le ministère envisagerait d’introduire un Brevet des Collèges 100 % audiovisuel, où les élèves devront reconstituer une scène d’infiltration nocturne en utilisant des caméras à vision nocturne et des morceaux de cartolines noires. Le baccalauréat, lui, pourrait être remplacé par un « Test Final de Loyalisme ».
Enfin, pour les étudiants qui poursuivront à l’université, un cursus d’ »Ingénierie morale et stratégie patriotique » serait à l’essai à la rentrée dans plusieurs établissements pilotes – dont l’Université du Caire, désormais dotée de canons à CO2 dans les amphithéâtres pour plus de réalisme pendant les examens.
Conclusion
La réforme éducative égyptienne, qui transforme un blockbuster télévisuel militaire en socle d’apprentissage, ouvre une nouvelle ère pédagogique. Une ère où les héros nationaux ne se trouvent plus seulement dans les manuels, mais aussi dans les explosions à haute définition, les ralentis patriotiques et les discours off sur fond d’hymne modifié.
Selon un haut responsable du ministère : « Nous ne faisons que transmettre aux nouvelles générations le goût de la vérité, du courage et du cadrage cinématographique intense. »
Et si, au fond, l’éducation n’avait jamais été qu’une grande scène d’action collective ?




