Google promet enfin la vie privée à ses utilisateurs… s’ils n’utilisent rien
Dans une annonce pleine de promesses et de paradoxes, Google vient de dévoiler « Private Compute », une technologie révolutionnaire censée garantir la confidentialité de vos données… tant que vous n’essayez pas de l’utiliser. Ce nouveau système d’informatique confidentielle, intégré directement dans les puces produites par la firme, permettrait à l’intelligence artificielle de fonctionner localement sur votre appareil, évitant ainsi que vos données ne finissent dans un data center en orbite ou sur les réseaux Wi-Fi publics d’un Starbucks.
La promesse officielle de Google ? « Des performances accrues, une vie privée renforcée et peut-être même la paix mondiale. » Une déclaration qui passerait presque pour crédible, si elle ne sortait pas de la bouche d’une entreprise qui envoie encore des notifications personnalisées quand vous toussez près d’une pharmacie.
« Confiance et confidentialité », expliquées par le département marketing
Pour rassurer les sceptiques – c’est-à-dire environ 99,9 % des internautes –, Google affirme que Private Compute garantit que « vos données restent sur votre appareil ». Une promesse qu’on pourrait résumer par : « Nous ne regardons rien. Juré. Bon, sauf si vous allumez le Wi-Fi, utilisez Chrome, ou dites “Ok Google” un peu trop fort dans votre cuisine. »
Le professeur François-Jean Dupont, expert en cybersécurité imaginaire mais néanmoins très concerné, résume la situation : « C’est comme installer des rideaux occultants dans une maison sans murs. Techniquement, vous pouvez les tirer, mais tout le monde voit quand même ce qu’il y a derrière. »
Vous êtes en sécurité. Enfin… selon les standards de Google
Des spécialistes soulignent que la technologie de Private Compute repose sur le concept futuriste de « confidentialité contextuelle ». En d’autres termes, vos données restent privées tant qu’elles ne sont pas intéressantes. Dès que vous cherchez des chaussettes thermo-régulées sur un site douteux, tout repart vers les serveurs — dans un esprit de service, bien entendu.
Un ancien ingénieur de Google (qui préfère rester anonyme car son micro est toujours activé) explique : « Imaginez un coffre-fort tellement sécurisé qu’il s’ouvre uniquement quand on ne tente pas de l’ouvrir. Ça, c’est Private Compute. »
Des métaphores pour feindre la transparence
Selon Google, « vos données seront aussi protégées qu’un mot de passe noté sur un post-it coincé sous un clavier ergonomique ». Des experts jugent néanmoins cette protection comparable à celle d’un parapluie en papier dans une tornade numérique.
Pour enfoncer la puce, Google assure que son système fonctionne « sans aucun transfert de données personnelles vers ses serveurs », sauf, bien sûr, en cas « d’amélioration d’expérience, de maintenance, ou de météo imprévisible ». Des clauses disponibles dans un document de 136 pages accepté par 94 % des utilisateurs en moins de six secondes.
Chute libre, mais en mode incognito
En somme, Google propose un outil de confidentialité à condition de ne pas l’utiliser activement, ni d’interagir avec ses services de base comme Gmail, Maps, YouTube ou le bouton « accepter tous les cookies » devenu un réflexe pavlovien.
D’ailleurs, certains utilisateurs soulignent que même le mode « Navigation privée » sur Chrome affiche parfois des publicités sur des choses qu’ils n’ont jamais osé taper (à voix haute) : raison de plus pour s’interroger sur la cohérence des promesses de l’entreprise.
Alors, si vous cherchez un endroit vraiment sûr pour vos données, mieux vaut peut-être les écrire sur une feuille, la brûler, enterrer les cendres, puis déménager. Ou, alternative plus simple : les confier à votre voisin, celui qui n’a plus de batterie depuis 2017 et qui pense que le cloud est un phénomène météorologique.




