Gand renonce à la restitution des œuvres, adopte le prêt à vie d’un musée sans limites

**Le musée des beaux-arts de Gand annonce qu’il “prête à vie” ses œuvres litigieuses, le concept de “retour” dépassé à l’ère du XXIe siècle**

Le musée de Gand refuse de restituer une œuvre d’art spoliée, adoptant une nouvelle stratégie de « prêt à vie »

Dans une décision qui étonne autant qu’elle suscite l’indignation, le musée des beaux-arts de Gand a annoncé jeudi qu’il ne comptait pas remettre une œuvre contestée à la famille d’un marchand juif spolié durant la Seconde Guerre mondiale. Au lieu de cela, le conservateur en chef, Monsieur Van Houtte, a déclaré que l’établissement privilégiait désormais une approche innovante : prêter l’œuvre “à vie”. Selon lui, cette pratique permettrait de “mettre fin aux débats stériles sur la restitution, tout en préservant la mémoire de l’art clandestin”. Le musée explique que le concept de “retour” est selon eux “passéiste” et “contraignant”, insistant sur “l’ère du prêt éternel où l’art appartient à tout le monde et à personne en particulier”. La décision n’a pas manqué de faire réagir, notamment chez les défenseurs des droits des familles spoliées, qui y voient une manière détournée de nier leurs revendications.

Un expert en museumologie déclare que “prêter à vie, c’est comme louer une œuvre à perpétuité, mais en mieux”

Pour mieux comprendre cette révolution dans la gestion des œuvres litigieuses, nous avons consulté le professeur Éric Dupont, spécialiste en muséologie à l’Université de Liège, qui a qualifié cette initiative d’“avancée majeure dans la philosophie muséale”. Selon lui, “prêter à vie ressemble à une sorte de location perpétuelle où l’œuvre devient une pièce de grand luxe, comme un appartement avec option d’achat indéfinie”. Il précise que “dans la pratique, cela permettrait au musée de garder la main sur l’objet tout en donnant l’illusion de légitimité, une touche d’élégance qui évite les conflits”. Interrogé sur la légitimité morale de cette stratégie, Dupont a insisté : “Il faut évoluer avec son temps. Aujourd’hui, on ne restitue plus, on partage à vie. La mémoire, c’est aussi une question de propriété intellectuelle, non ?” Dans cette optique, la restitution devient une simple “option de clôture”, remplacée par une culture du prêt interminable, où l’art n’appartient à personne, mais à tout le monde… et surtout à personne.

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